Workshop de Bastien Cosson à Tardets
« Peinture transitive et circuits courts »
Workshop à destination des étudiant·es de 2e et 3e année art, prenant place à Tardets du 12 au 16 janvier 2026
Travail à partir des peintures des étudiant·es, mais également à partir du lieu, du collectif, de l’école, du territoire. Expérimentation d’une peinture qui ne serait pas seulement “faite”, mais “activée”, “mise en circulation”, et peut-être même transformée par celles et ceux qui la rencontrent. En reprenant les problématiques listées ci-dessus, et pour rendre effectives ces pensées, réalisation d’une exposition déployable dans le café du village, avec vernissage et médiation.
Problématiques abordées : comment une peinture se fabrique-t-elle à partir d’un contexte plutôt qu’en dépit de lui ? Interroger le territoire, le village, l’espace de l’atelier, Artetxe, les matériaux accessibles, l’absence de « scène artistique ». Que devient une peinture lorsque son point de départ n’est plus une idée intérieure, mais une situation extérieure ? Qu’est-ce qu’une peinture fait circuler - et auprès de qui ?
Au-delà de la surface du tableau : quels récits, quelles émotions, quels usages, quelles traces sociales, quelles formes de coopération ou d’adresse ?
Comment une peinture peut-elle exister sous plusieurs formes, dans plusieurs états ?
Peinture-document, peinture-outil, peinture-édition, peinture-protocole. Comment penser une œuvre comme un ensemble de versions, de déplacements, de médiations ?
Comment penser sa propre peinture pour mieux la défendre, la transmettre, la déployer ?
Pratique et discours : il s’agira de fabriquer, de montrer, d’expliquer, de contextualiser. D’apprendre à nommer ce que l’on fait.
Bio
Bastien Cosson est peintre et vit et travaille à Tardets, aux côtés de sa compagne Elsa et de leur fille Cosma. Cette situation familiale nourrit une réflexion sur les responsabilités qui accompagnent la pratique artistique et sur la manière dont elles transforment son positionnement au sein du milieu de l’art.
En juillet 2024, il cofonde Artetxe, un lieu d’exposition installé dans un ancien hangar agricole de 600 m² dédié à la création contemporaine, prolongeant l’expérience de Palette Terre, run-space ouvert en 2014 à Paris après ses études. Artetxe réunit son atelier de production, deux salles d’exposition, un café associatif et des bureaux aménagés dans une ancienne cuisine, et accueillera prochainement une librairie (La Grande illusion), une salle de projection et un dortoir de huit places.
Sa pratique s’articule étroitement à des enjeux de pédagogie, d’apprentissage et de transmission. Selon lui, être artiste aujourd’hui implique de maîtriser l’écosystème du milieu artistique dans son ensemble – de la fabrication d’un tableau à sa diffusion, sa présentation et sa vente – afin de préserver une autonomie vis-à-vis d’un marché qui peut se révéler brutal et excluant.
Avec Artetxe, il développe une approche de la peinture pensée dans son écosystème : la faire, l’enseigner, la montrer. Le travail d’atelier y demeure central, mais toujours envisagé dans une dynamique de confrontation aux regards, de mise en circulation des œuvres et de prise de parole, comme autant de conditions pour apprendre à défendre et à élaborer sa propre pensée de la peinture.
Crédits photos : Jean-Marie Blanchet